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F. Gehry et S. Calle, Le téléphone, Tôle de métal, cabine téléphonique, Paris, 2006.

F. Gehry et S. Calle, Le téléphone, Tôle de métal, cabine téléphonique, Paris, 2006.

En 2006, l’artiste Sophie Calle et l’architecte Frank Gehry, répondent à une commande publique de la ville de Paris dans le cadre de l’implantation du Tramway des Maréchaux-sud par une œuvre tout à fait particulière.

sophie_calle_téléphone2Installée au milieu du Pont Garigliano, elle consiste en une structure en forme de fleur monumentale dessinée par Gehry, abritant une cabine téléphonique sortie de l’imagination de Sophie Calle après la lecture d’un article sur le Mojave Phone Booth, une cabine téléphonique perdue en plein désert californien. Si l’appareil semble normal à première vue, il a de spécial qu’il n’a ni cadran, ni moyen de paiement, le rendant inutilisable sans une intervention de l’artiste. Sophie Calle, habituée à mettre en scène sa propre vie, est la seule à connaître le numéro pour appeler ce téléphone et s’est engagée à appeler la cabine de façon aléatoire afin de pouvoir converser « huit secondes ou quatre heures, à quatre heures du matin ou à des heures plus convenables » avec les passants qui décrocheraient le combiné.

Malheureusement, de par son statut d’art public, cette œuvre n’a pas échappé au vandalisme et de nombreux graffitis ont rapidement couvert la structure, celle-ci étant parfois même réduite au statut peu reluisant de toilettes publiques. L’artiste désespérée du sort réservé à la cabine, en vint même à rêver que son œuvre soit réhabilitée en une cabine téléphonique ordinaire. Le téléphone étant hors service depuis mi-2008, le service des affaires culturelles de Paris a envisagé son déplacement ou sa désactivation, mais c’est finalement le démontage qui fut décidé et effectué le 12 mars 2012.

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