Pisse or violence

Pierre Pinoncelli, MAMAC © ADAGP, Paris 2013 - photographie Anne Decreux

Pierre Pinoncelli, MAMAC © ADAGP, Paris 2013 – photographie Anne Decreux

Le 25 août 1993, l’artiste Pierre Pinoncelli se rend au Carré d’Art de Nîmes où l’on peut admirer l’une des copies de la célèbre « Fontaine » de Marcel Duchamp. Ce niçois est connu du milieu de l’Art comme un véritable provocateur, spécialiste des « Happenings » et ce jour-là, il a décidé de faire honneur à sa réputation en frappant un grand coup.

Si la « Fontaine » est une œuvre d’Art parce que Duchamp l’a décidé, Pinoncelli va lui rendre sa fonction première de simple pissotière en urinant dedans, puis en lui assénant un coup de marteau. Pour lui cela n’a rien d’un sacrilège, il s’agit simplement d’une réponse à Duchamp en faisant honneur à l’esprit Dada qui imprègne cette œuvre.

Cette performance ne fut pas du goût de tout le monde et l’artiste fut condamné à payer près de 300.000 Fr (environ 45.000 €) de dommages et intérêts.

Mais Pinoncelli n’en avait pas fini! En 2006, une autre copie est exposée au Centre Pompidou dans le cadre de l’exposition Dada. Le niçois décide cette fois d’ébrécher la céramique à l’aide d’un petit marteau et de la signer « Dada ». Il s’agit pour l’artiste non seulement de rendre hommage à Duchamp et à son esprit de provocation, mais aussi d’interroger le statut de cette œuvre qui n’est finalement « qu’une copie » étant donné que l’original de 1917 a disparu.

Encore une fois, cela ne fut pas du goût du musée qui porta plainte. Pinoncelli fut finalement condamné à trois mois de prison avec sursis et à payer 14.352 € de frais de réparation de l’œuvre.

Lorsque l’on demanda à l’artiste ce que l’on pouvait attendre de lui pour le futur, celui-ci assura qu’il ferait « le dos rond », mais cela ne serait pas étonnant que ce provocateur invétéré fasse encore parler de lui à l’avenir.

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